Ambassadeur Sullivan à la Semaine du Film Afro-Américain

Messieurs les Membres du gouvernement,

Monsieur l’Ambassadeur de France au Congo,

Mesdames et Messieurs en vos rangs, grades et qualité,

Distingués invités,

Bonsoir,

C’est un grand plaisir et un honneur d’être avec vous ce soir pour célébrer la quatrième édition de la Semaine du Film Afro-Américain. Je remercie notre partenaire, l’Institut Français du Congo, pour avoir accepté une fois de plus d’abriter ce festival. Cette quatrième édition est particulière au regard de la richesse des thèmes évoqués dans les différents films. Ces thèmes retracent dans l’espace et le temps l’évolution et les efforts pour les droits civiques aux Etats-Unis d’Amérique.

Au centre de la lutte pour les droits civiques se trouvent des hommes et des femmes qui ont marqué l’histoire des Etats-Unis d’Amérique et celle du monde. C’est ainsi que la semaine du film afro-américain s’ouvre, aujourd’hui, sur « The Man of Honor » qui est l’histoire vraie de Carl Brashear, premier Afro-Américain à avoir intégré la Navy en tant que plongeur-scaphandrier. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et bien que la marine américaine ait officiellement mis fin à la ségrégation raciale en son sein, sa couleur de peau le fait se heurter à des obstacles qu’il combat sans relâche.

Le deuxième jour nous plongera dans la vie tragique de Solomon Northup dans « Twelve Years a Slave », une évocation de la cruauté de l’esclavage, une lutte pour la survie et une quête de dignité. Il faut ici dire que l’esclavage humain n’est pas une triste relique du passé. Il est également une triste réalité du présent. C’est pour cette raison que les États-Unis continuent de plaider pour les droits humains à travers le monde.

Chaque année, nous faisons la lumière sur cet abus inadmissible à travers le rapport sur la traite des personnes.Comme le personnage de Solomon,beaucoup d’esclaves aujourd’hui sont nés libres, mais sont devenus des victimes de la traite illégale pour toutes formes de servitude. Heureusement aujourd’hui, les lois universelles des droits humains, la coopération en matière d’application de la loi, le contrôle au niveau des frontières et le journalisme d’investigation aident les nations dans la lutte contre ces crimes abominables.

La liberté d’expression a joué et continue de jouer un rôle important dans la lutte contre les préjugés raciaux, les inégalités sociales et économiques comme le montre si bien le film « The Help. » « The Help » nous immerge dans le quotidien de ces femmes noires toujours sur la corde raide et de leurs employeuses. En 1962, la ségrégation raciale perdure dans l’Etat du Mississippi. Noirs et Blancs vivent dans des quartiers distincts, fréquentent des écoles, des bibliothèques, des hôpitaux différents. Ce film a le mérite de louer les bienfaits de la liberté d’expression qui expose les souffrances de ces femmes noires qui souffraient sans dire mot.

Comme je l’ai dit au début de mon discours, la lutte pour les droits civiques était rendue possible grâce à des femmes et des hommes qui croyaient en une égalité de tous. Le film « Selma » retrace la lutte historique du Dr Martin Luther King pour garantir le droit de vote à tous les citoyens. Une dangereuse et terrifiante campagne qui s’est achevée par une longue marche, depuis la ville de Selma jusqu’à celle de Montgomery, en Alabama, et qui a conduit le président Jonhson à signer la loi sur le droit de vote en 1965.

Martin Luther King croyait profondément aux droits inaliénables de la vie, et était à la quête de la liberté et du bonheur pour tous sans distinction de race. Martin Luther King a laissé un héritage qui a fortement façonné la société que nous partageons avec nos enfants aujourd’hui. Une société dans laquelle, les mérites des uns et des autres sont reconnus quelle que soit la condition.

Dans son discours « I have a dream », Martin Luther King, prône les vertus de la paix et du vivre ensemble, malgré, les différences et les ressentiments. C’est dans ce contexte qu’il avait dit : « Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine. Nous devons toujours mener notre lutte sur les hauts plateaux de la dignité.»

La bravoure de Martin Luther King a permis: La déségrégation des écoles publiques, ls réformes sur le droit de vote, l loi sur les logements, l’engagement et les efforts conjugués des simples citoyens, sans distinction de race, dans le mouvement des droits civiques ont permis des débats constructifs apaisés avec les gouvernants qui ont abouti à un changement positif. Grace à ces efforts, les gouvernements aux niveaux fédéral, étatique et local; les entreprises; et les communautés s’étaient engagées collectivement, à soutenir la cause des Afro-Américains face aux inégalités sociales.

« The Beasts of the Southern Wild » retrace le courage et la résilience d’une jeune fille, qui pourrait tout aussi bien être une jeune fille congolaise qui a perdu sa famille et a grandi pauvre. Ce film révèle également les impacts planétaires nocifs du changement climatique et comment ils nous affectent tous, de la fonte des glaciers dans l’Antarctique à l’inondation à la Nouvelle Orléans. Cela a aussi un impact sur le bassin du Congo et la couche d’ozone qui empêchent le réchauffement climatique.

Le peuple américain reste vigilant et encourage toutes les initiatives qui réduisent la fraction entre les cultures aux Etats-Unis et privilégie la diversité. C’est dans ce sens que la musique joue un rôle très important aux Etats-Unis notamment dans la communauté Afro-Américaine comme interprété dans le film  « Drumline ».

Tous ces films nous montrerons d’où nous venons et les progrès considérables que nous avions réalisés grâce à l’héritage des militants des droits civiques. Le rêve de Martin Luther King qui a pris forme avec l’élection aux Etats-Unis de Barack Obama, le premier président Noir. Après deux mandats, si les Américains le décident, le President Obama pourra donner le témoin à la première présidente des Etats-Unis d’Amérique.

Je vous souhaite une agréable soirée !